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BD dans l’Ain organise son festival annuel à Bellegarde, un évènement à ne pas manquer


La 23e édition du Festival de la BD se tiendra les 24 et 25 novembre prochains au centre Jean Vilar de Bellegarde-sur-Valserine. 25 auteurs, dessinateurs et scénaristes, tous talentueux, seront présents, avec Emmanuel Lepage en invité d’honneur. Excusez du peu !

Culture



Certains le considèrent comme le plus grand dessinateur de BD en France actuellement, même s’il n’est pas assurément le plus connu. Les goûts et les couleurs dans le milieu bédéphile sont très variés ! Ce qui est sûr est qu’Emmanuel Lepage, à 52 ans, est au sommet de son art. Adepte du dessin «réaliste», il aime à sublimer les grands espaces, reproduire la beauté sauvage de lieux hors-normes qu’il découvre à chacun de ses nombreux voyages. La magnifique affiche du festival qu’il a réalisée, représentant les pertes de la Valserine, suscite une réelle émotion. C’est une œuvre d’art que les collectionneurs garderont précieusement, c’est un beau cadeau que les organisateurs apprécient à sa juste valeur. Cette équipe de bénévoles de l’association ARTS & BD, qui avait pris le relais de la MJC Jean Vilar il y a 3 ans, est restée très stable. Certes, la présidence a changé, Christelle Jourdan ayant succédé à Michel Suro. Mais ce passage de témoin a été largement préparé en amont et la nouvelle capitaine, qui découvre les responsabilités associatives, peut compter sur l’appui inconditionnel des «historiques».



« Le festival est aussi une histoirede rencontres »



Faut dire que dès le début, Thierry Martinet, Michel Suro et André Guinard, les fameux historiques, ont fait le choix du positionnement d’un festival à taille humaine. Se limiter à la présence de 25 auteurs chaque année offre de nombreux avantages. Du côté financier, cela permet une maîtrise quasi parfaite des coûts sans mauvaise surprise. Devant tant de vertu, les sponsors et les collectivités sont fidèles. Mais le plus marquant est l’ambiance de convivialité qui règne durant les deux jours. Le public, près de 2 000 personnes, et les auteurs se plaisent à souligner ce climat chaleureux qui préside aux échanges et aux rencontres. S’il n’est pas possible de lister l’ensemble des auteurs présents cette année, on soulignera la venue de Ruben Pellejero, l’actuel dessinateur de Corto Maltese, Laurent Verron («Il s’appelait Ptirou;»), Théo Caneschi (série «Murena»), Lax («Le Choucas»). Pour compléter la présentation de ce festival, il convient de signaler que le concours «Jeunes talents», ouvert à tous les collégiens de 4ème et de 3e du département, a récompensé la planche de Mathéo Charamel du lycée Lalande de Bourg-en-Bresse. Les 20 planches sélectionnées seront exposées pendant le festival. Des animations scolaires seront mises en place en amont du festival pour les écoliers, dès la classe de CP. La librairie du festival sera organisée par «Les Arts Frontières», librairie BD de Bellegarde, et proposera tous les albums des auteurs présents. Un marché de la BD d’occasion sera installé sous chapiteau devant le centre Jean Vilar.



BD dans l’Ain - Centre Jean Vilar à Bellegarde-sur-Valserine, les 24 et 25 novembre 2018
Coût : 3 € la journée – 4.5€ les deux jours - Autres renseignements :
www.bddanslain.fr



Emmanuel Lepage : « la problématique environnementale est en filigrane dans mes dessins »



Vous avez réalisé une magnifique affiche pour cette édition du festival de la BD à Bellegarde !



J’étais déjà venu il y a quelques années au festival de Bellegarde. J’étais allé me promener avec des amis auteurs aux pertes de la Valserine. Il faisait beau et sec. J’ai été envouté. J’ai essayé de recréer cette magnifique ambiance, avec les lichens qui pendent aux arbres.



On sent dans vos BD que vous êtes très inspiré par les grands espaces, n’est-ce pas ?



Pour moi, c’est plus facile de dessiner des grands espaces que le milieu urbain. J’ai une fascination pour cette beauté sauvage. J’ai fait des voyages dans les terres australes françaises et dans l’Antarctique. On y est confronté aux outrages que subit la Terre du fait des activités humaines. Les scientifiques qui vivent là-bas cherchent à alerter le monde sur ces dangers.



Le marché de la BD semble plutôt florissant, non ?



Le marché est trompeur. Il y a d’un côté l’industrie de la BD qui se porte plutôt bien, toujours en expansion. Ce n’est pas du tout le cas de la condition des auteurs de BD, qui est de plus en plus misérable et fragilisée. Le nombre d’exemplaires vendus par titre est moindre et c’est difficile d’en vivre. ¾ des auteurs vivent avec le SMIC ou moins. Et 50% sont au-dessous du seuil de pauvreté.



Quels sont vos projets actuels ?



Je travaille sur deux projets. Le premier est un sujet de fiction qui sera un recueil d’illustrations et de dessins sous forme d’un carnet de voyage d’un peintre du XIXe, réalisé avec Sophie Michel et René Follet qui sont mes deux complices. La parution est prévue au printemps 2019. Le deuxième est le récit de mon expérience dans une communauté dans laquelle j’ai vécu quand j’étais enfant. Elle a commencé avant 1968, c’était une sorte d’habitat partagé. Cela a été très formateur dans ce que je suis et pour ma vision du monde. Mais j’ai encore au moins deux ans de travail.



Emmanuel Lepage, 22 albums personnels



• La menace verteéd. Ouest-France – 1987

• L’étranger – éd. Ouest-France – 1988

• América - Fragments d’un voyage – éd. Casterman – 2003

• Muchacho – éd. Dupuis – 2004

• Les voyages d’Anna – éd. Daniel Maghen – 2005

• Oh les filles ! – tome 1 et 2 – éd. Futuropolis – 2008 et 2009

• Voyage aux îles de la désolation – éd. Futuropolis – 2011

• Un printemps à Tchernobyl – éd. Futuropolis – 2012

• La lune est blanche – éd. Futuropolis – 2015

• Les voyages d’Ulysse – éd. Daniel Maghen – 2016

• Ar-Men – éd. Futuropolis – 2017


Christelle Jourdan, nouvelle organisatrice en chef du festival de BD

Finalement, le seul changement visible de cette 23e édition du festival de la BD, par rapport aux années précédentes, concerne la succession de Michel Suro. Christelle Jourdan a pris les rênes d’ARTS & BD, l’association organisatrice. « Je suis venue une année pour accompagner ma fille qui avait 10 ans à l’époque et qui suivait des cours de dessin avec Thierry Martinet. Il nous avait invitées à venir découvrir le festival. Je n’avais pas de goût particulier pour la BD. J’ai rencontré les auteurs que j’ai trouvés gentils et simples. J’ai aimé l’ambiance dans l’équipe organisatrice ». Et voilà comment en quelques années, Christelle s’est retrouvé membre de cette petite famille qui ne demandait qu’à l’accueillir.



Lorsque la MJC a disparu du centre Jean-Vilar, il a fallu créer une association, avec le soutien de la municipalité, pour reprendre le flambeau. Un des créateurs du festival, Michel Suro, a accepté d’en être le président à condition qu’on désigne aussi la personne qui allait lui succéder. Christelle Jourdan a cédé aux sollicitations, heureuse de pouvoir compter sur l’aide précieuse de ses mentors. « C’est ma première expérience associative. Pour moi, c’était très confortable. Je n’ai eu qu’à apprendre à gérer une association. Je m’estime heureuse et chanceuse ». Certes se retrouver chef d’équipe demande un investissement supplémentaire par rapport à un poste de secrétaire ou de trésorière. Mais elle est largement soutenue par l’engagement sans faille des 30 bénévoles de l’association.



Désormais, elle désire plus que tout maintenir l’ambiance chaleureuse et conviviale du festival, qui correspond bien à sa propre personnalité, et souhaite l’ouvrir à de nouveaux publics : « je suis très attachée à transmettre le goût de la lecture aux enfants, et la BD est un super moyen ».


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