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Bellegarde sur Valserine : une ville en chantier


Avant que le projet de nouvelle commune ne se concrétise prochainement, la municipalité de Bellegarde sur Valserine a souhaité communiquer sur l’avancement des dossiers qui constituent le cœur de son projet. Une rencontre avec le maire apporte un éclairage particulier à cette présentation selon trois axes : les fondations avec la voirie, le développement avec des projets créateurs d’emplois, et le réaménagement de la ville dans une perspective plus écologique.

On ne peut pas accuser Régis Petit de ne pas connaître l’histoire de la commune dont il est le premier magistrat. En bon professeur qu’il est, bientôt retraité, il peut raconter l’évolution de Bellegarde, ses périodes fastes et le déclin industriel qui l’a atteint de plein fouet. Il a aussi sa propre vision de ce que la cité sera ou devra être dans une décennie. Il sait que le développement passera par un regroupement des énergies et des compétences. D’ores et déjà, le projet de nouvelle commune regroupant Bellegarde, Châtillon de Michaille et Lancrans devrait voir le jour avant la fin de l’année. La dynamique et l’harmonie ont facilité le rapprochement, qui existait déjà dans les faits. Le pays bellegardien détient tous les atouts qui lui permettront de rejoindre le club fermé des pôles dynamiques de la région. Pour le maire, "Bellegarde est une ville qui va beaucoup surprendre d’ici 10 ou 15 ans". Mais avant de viser l’excellence, la commune se devait de se remettre à niveau sur un certain nombre de points faibles qui nuisaient à son développement. Les chantiers "fleurissent" dans tous les coins de la ville. Cette méthode, dont la vitesse d’exécution ne plaît pas à tout le monde, permettra à la ville de présenter un tout autre visage à l’horizon 2020.



Un plan voirie unique en son genre



Fallait oser ! Refaire entièrement 7 km de voirie en 3 ans, soit une bonne partie de la commune, franchement, pour se mettre une population à dos, il n’y a pas mieux.



Voirie-reprise-des-reseaux-bellegarde

Le maire assume : "on savait qu’on allait créer l’apocalypse. Mais gérer des chantiers sur 8 ou 9 ans, cela n’aurait pas été tenable, ni techniquement, ni politiquement".



Car la reprise de tous les réseaux souterrains est une gigantesque entreprise à l’échelle d’une commune. Certains réseaux, plus que centenaires, étaient dans un état déplorable. S’est rajoutée également, pour les égouts, la finition de la pose du séparatif. Cela donne au final un chantier unique dans le département et la région. La période la plus difficile, en matière de gestion des flux routiers, appartient au passé. La fermeture de Coupy l’année dernière a été génératrice de problèmes qui n’ont pas été simples à résoudre. Actuellement, les ouvriers s’affairent rue Lafayette, chantier qui devrait être achevé d’ici un à deux mois, juste au moment où commenceront les travaux du futur collège qui accueillera 750 élèves à la rentrée 2020. Ce dernier projet est porté par le conseil départemental. Ensuite, la perturbation atteindra son maximum pour le commerce local avec la réfection de la rue de la République, rue bellegardienne la plus fréquentée. "Ça risque d’être tendu avec les commerçants. On est conscient des perturbations qu’ils vont subir. Mais au final, ils vont récupérer une nouvelle ambiance urbaine propice, surtout que le plan terrasse va se poursuivre avec mise à disposition d’espaces aux commerçants". Certes, mais il faudra attendre la fin des travaux prévue dans un an. On imagine le soulagement, mais aussi la fierté, qui seront de mise à ce moment-là.



L’emploi en ligne de mire



Qu’ils soient portés par la municipalité de Bellegarde ou par la communauté de communes du pays bellegardien, les projets en cours et à venir ont clairement parmi leurs objectifs celui du développement de l’emploi. Et on parle là de centaines de postes, des plus spécialisés et pointus aux plus basiques ouverts aux personnes sans qualification. Dans le cadre du contrat local de santé signé avec l’Agence Régionale de Santé (ARS), la commune a pu ouvrir il y a un an un nouveau centre de santé géré par le C.H. Annecy Genevois, qui a vu l’implantation de plusieurs spécialistes.



centre-de-sante-bellegarde-sur-valserine



La clinique de psychiatrie légère, en cours de finition dans la zone d’activités de Vouvray, est conçue pour un bassin de vie de 400 000 personnes. Elle pourra accueillir une centaines de patients, et créera 100 emplois directs. Le foyer ADAPEI sur les hauts de Bellegarde, désormais achevé, et l’EHPAD Croix-Rouge de 86 lits, en cours de construction avenue Saint Exupéry, concourent également à offrir une palette large d’emplois nouveaux sur le territoire. Et que dire alors de deux projets en devenir, qui auront également une valeur ajoutée forte en matière de tourisme, donc de retombées économiques pour le commerce local. Dinoplagne, site unique au monde de traces de dinosaures, n’a pas encore trouvé sa forme définitive. L’inconnu réside toujours dans les prévisions de fréquentation. Il devrait susciter la curiosité du grand public, même si ses créateurs ne souhaitent pas en faire un parc d’attraction commercial.



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EHPAD Croix-Rouge en cours de construction avenue Saint Exupéry



"Enfin ! On a mis 13 ans, mais on a toutes les autorisations". Régis Petit ne cache pas sa satisfaction. Faut dire que le dossier du village des Alpes fut un long fleuve, pas toujours tranquille. Pendant ce temps-là, un autre village de marques s’est ouvert en Isère. "Mais il y a de la place pour deux. On vise 50% de clientèle suisse, et on est clairement positionné sur le haut de gamme". Le chantier va démarrer. Les concepteurs ont prévu l’implantation de 90 boutiques et la visite de près de 2 millions de personnes par an. Ils espèrent secrètement faire aussi bien que leurs homologues alsaciens qui ont dépassé de 300 000 entrées leurs prévisions les plus optimistes, et construisent dès lors 40 nouvelles boutiques.



D’un passé industriel gris à un avenir teinté de vert



S’il est un dossier qui aura un impact positif important sur l’image de la commune, c’est bien celui de l’aménagement de la future plaine de jeux et de sports, en lieu et place de l’ancien site métallurgique de Péchiney. A l’horizon 2020, depuis le viaduc de l’autoroute, on pourra apercevoir les nouveaux terrains de rugby et le complexe de tennis, transférés depuis Musinens. Une vision plus écologique pour les touristes, qui leur donnera peut-être, au fil du temps, l’envie de faire une halte avant les stations savoyardes. "Bellegarde a une image très dégradée, et c’est très long de gommer une représentation négative." De plus, si le projet de centrale photovoltaïque est accepté par la commission idoine, la vue sera complétée au sud par un vaste champ de panneaux solaires qui fourniront une électricité dite "verte." L’arrivée d’un partenaire institutionnel donnera du poids à ce dossier et soulagera d’autant la commune.



Berges-du-Rhone-bellegarde



La politique de réappropriation des berges du Rhône, historiquement confisquées par l’industrie, se poursuit et se concrétisera avec le cheminement continu jusqu’à la maison de Savoie, soit une circulation douce de plus de 2 km. Pour Régis Petit, le projet final est de relier la gare TGV à la boucle secondaire de la ViaRhôna à hauteur de Seyssel, et surtout d’emprunter le barrage de Génissiat. "C’est une anomalie, la ViaRhôna ne passe pas par l’ouvrage le plus emblématique du haut Rhône. Ce n’est pas facile d’aller de Seyssel à Genève, alors on va faire le forcing." Quant aux 6 ha récupérés par la délocalisation des terrains de rugby de Musinens, ils deviendront un éco-quartier avec 600 logements construits selon les nouvelles normes RT 2020, c’est-à-dire des bâtiments à énergie positive. Toujours dans le haut de la ville, la requalification du centre commercial du Credo permettra la création de 24 logements étudiants pour les filières post-bac, d’une cinquantaine de logements locatifs en accession, d’une crèche, et aussi la relocalisation de commerces historiques. "Le chantier a démarré depuis 6 mois, et va nous occuper encore un peu plus de 3 ans… Bellegarde a gardé une dynamique associative et une mixité sociale. L’arrivée de frontaliers toujours plus nombreux nous oblige à maintenir ces équilibres et à produire de l’habitat socialement accessible." On ne peut ignorer le projet portant sur l’aménagement de la Salle de Visite dans une vocation culturelle. Avec l’ancienne gare devenue conservatoire de musique et médiathèque, le site deviendra le pôle culturel de la ville.



futur-pole-culturel-bellegarde



Enfin, au registre de l’environnement, et suite aux événements de janvier dernier, la commune travaille, en collaboration avec les services de l’état, au durcissement du plan de prévention des risques naturels (PPRN). " C‘est compliqué, mais on ne peut pas jouer avec la sécurité des habitants. On va réduire de manière drastique les perspectives d’évolution dans ces secteurs ".



Durcissement-du-PPRN-bellegarde


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