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Echos du Massif Jurassien : Découverte du moulin à grain du Pont des vents

  • L’Ecomusée de Montfleur
  • L’Ecomusée de Montfleur
  • Diverses céréales à moudre !
  • Le meunier manie les clefs du Moulin
Entre tradition et qualité, voilà des siècles que le moulin du Pont des vents à Montfleur, dans le Jura, tourne au gré du meunier. Aujourd’hui encore, l’écomusée propose la découverte et la dégustation des saveurs d’antan.

Meunier tu dors, ton moulin va trop vite, meunier tu dors, ton moulin va trop fort… À la frontière du Jura et de l’Ain, entre Oyonnax et Bourg-en-Bresse, en bordure du cours d’eau du Suran, trône un moulin hydraulique datant du Moyen-Âge. C’est un écomusée et pas non pas une église, bien que son occupant soit Labbé, Bruno de son prénom. C’est le moulin écomusée du Pont des vents à Montfleur, ouvert toute l’année sauf en janvier et jusqu’à la mi-février. En effet, il rouvre à partir du 21 février pour une nouvelle saison.



Ce moulin hydraulique, fort de 4000 visiteurs environ par an, datant du XVème siècle, laisse une 1ère trace écrite de son existence dès 1486. Il tournait grâce à des roues en bois et écrasait différentes céréales. Dans les années 1640, avec l’introduction du maïs en Bresse et Jura, le moulin va écraser du maïs grillé pour faire de la farine de gaudes à l’origine d’un plat typique de la région. Les gaudes, en effet, avec un goût de noisette, furent pendant de nombreuses générations un aliment de base peu onéreux pour les familles paysannes de la Bresse. L’ingrédient principal de cette recette est la farine de maïs grillée ou torréfiée qui, mélangée à du lait, constitue une bouillie relativement consistante, et qui tient bien au ventre.



Après moult péripéties depuis sa création, le moulin, est donc entre les mains de Bruno Labbé, et fonctionne actuellement avec deux turbines hydrauliques installées en 1869, dont le maître meunier des lieux en connaît toutes les ficelles, richesses et subtilités. Le mécanisme arrive à débiter ainsi une quarantaine de litres d’eau à la seconde, ce qui permet de moudre et produire autour de 12 tonnes de farine à l’année. 



Les délices du « fait à l’ancienne »



Lors de la visite le public s’émerveille à découvrir le mécanisme du moulin en fonctionnement et la saveur de la farine fraîche. Quant au meunier-boulanger ou « meulanger », il fabrique pains et biscuits cuits au feu de bois que les visiteurs peuvent goûter dans des créneaux établis à l’avance. Il lui plaît aussi de transmettre son savoir-faire par l’organisation de stages pour apprendre à faire le pain. La batteuse du XIXe siècle en état de fonctionnement est aussi une curiosité à appréhender. La longue conservation n’est pas le seul attrait de ce pain fait à l’ancienne. « Contrairement à la farine produite industriellement, celle fabriquée sur meule ne chauffe pas. Ses protéines n’ont donc subi aucun dommage. Mieux, la farine conserve le germe du blé et ces précieux acides aminés, ce qui permet de produire un pain plus riche avec une mie plus épaisse », confie Bruno Labbé.



Les pains bios, de campagne, complets, Kamut (au blé dur), à l’épeautre, fabriqués au levain naturel, les farines et biscuits, sont à acheter en fin de visite, avec cette année, des crêpes et gaufres cuites au feu de bois. Bruno Labbé est également présent en semaine sur les marchés de Lons-le-Saunier et de Bourg-en-Bresse. C’est l’un des rares moulins à eau à avoir conservé une vocation  économique.


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