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Echos du Massif Jurassien : Qui voulait faucher longtemps ménageait sa KIVA !


Retour sur les mémoires de KIVA à Pratz les 20 et 21 juillet derniers.

Motofaucheuses automotrices, fabriquées made in Jura pour la récolte des fourrages et des céréales.

 

 

Ne dit-on pas que les gens d’ici sont plutôt astucieux et ingénieux ? L’histoire le prouve encore, car elle dit que dans les années 1930, le fondateur de la société jurassienne KIVA, Désiré Daloz et son fils Henri, grâce à leur génie inventif sortent leur première motofaucheuse motorisée à 3 roues, sous le nom amusant de KIVA. Succédant à la faucheuse mécanique tirée par un cheval, ce concept de matériel à moteur est une vraie révolution. D’autres constructeurs européens ont fait la même démarche, comme en Suisse ou en Allemagne. Dans les années 1950, après un déménagement dans les environs de Lons-le-Saunier, la production des machines  connut un fort développement. On peut estimer qu’environ 7500 unités ont vu le jour en l’espace de 45 ans. Les clients devaient attendre ainsi jusqu’à 2 ans la livraison de leur diabolique engin. La société, progressivement, a créé de nouvelles versions, avec des améliorations techniques conséquentes. La vente des KIVA a largement dépassé le département puisque plus d’1/3 sera vendu hors de celui-ci. Elles ont été distribuées dans tout le Jura certes, mais aussi dans le Doubs, l’Ain, la Saône-et-Loire, les Vosges, le Massif Central, les Pyrénées, le Gard, le Finistère, mais encore le Congo, l’Algérie et même le Vietnam. Les Ponts et Chaussées, les bases de l’Armée de l’Air, ou même les agriculteurs de Camargue furent clients de la marque. En 2003, elle est rachetée par un grand groupe et change de dimension d’entreprise, mais le nom de KIVA reste.

 

 

Un patrimoine local de proximité à faire perdurer



Aujourd’hui, la nostalgie des KIVA a conduit des groupes de passionnés à organiser des rencontres annuelles partout dans le Jura, dans le Haut, comme au cœur de la Petite Montagne, où les ancêtres à trois roues pétaradent joyeusement de concert. Un grand nombre de passionnés et d’afficionados restaurent et font rouler ces petits engins KIVA jeunes ou vieilles. C’était le cas les 20 et 21 juillet derniers, pour la 7ème édition comme tous les deux ans à Lavans-les-Saint-Claude-Pratz en bordure de l’aérodrome de montagne, et dont Camille Camp en est le vulgarisateur émérite depuis 12 ans, avec son association « Mémoires de KIVA ». Des démonstrations de fauchage, d’andainage, de sciage, de battage, de labour, de fanage, ont intéressé un large public varié venu sur les deux jours. Comme il l’est de coutume, tout le weekend de nombreuses machines, toutes en état de marche dans leur «propre jus», ont été utilisées par leurs fiers propriétaires, pour proposer aux visiteurs intrigués des activités des champs disparues depuis longtemps.

Qui, en effet, sur le Massif Jurassien, n’a pas vu et entendu, enfant, fonctionner et pétarader ces drôles de machines et leurs merveilleux fous au volant, au détour d’un champ, d’un bosquet ? Certes pas d’électronique sophistiquée, que de la mécanique, de la belle mécanique avec un bruit inégalable et parfois une dynamo à réparer, rien d’insurmontable pour le commun des agriculteurs. Voilà sûrement le secret peut-être des utilisateurs d’hier, comme des collectionneurs d’aujourd’hui…


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