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Formation-Emploi-intérim : Vers l’équilibre de l’offre et de la demande ?


Le haut niveau de l’apprentissage



L’apprentissage peut se targuer d’un taux d’employabilité élevé. Dès la sortie du CFA (Centre de formation d’apprentis), les entreprises n’hésitent pas à embaucher les jeunes qu’elles ont formés lorsqu’elles le peuvent : « 70 % de nos jeunes sont placés », indique Myriam Olivier Poulain, responsable du CECOF à Ambérieu-en-Bugey « et nous avons 85% de réussite aux examens ». Avec 1085 apprentis, jeunes et adultes inclus, pour 13 métiers, le CECOF prépare activement la rentrée prochaine. D’ailleurs, son offre de formation s’enrichira de trois nouvelles formations : le BTS négociation et digitalisation de la relation client (ex BTS NRC), la certification vendeur conseiller commercial, enfin la mention complémentaire cuisinier en dessert de restaurant. Mais un constat demeure : les apprentis dans la région Auvergne Rhône-Alpes sont encore insuffisants en nombre et de fortes disparités sont observés selon les filières. En boucherie, le niveau CAP relève déjà d’un bon niveau tandis qu’il sera insuffisant en boulangerie où un brevet professionnel sera plus valorisant. « Comme souvent, il y a d’un côté, les filières qui attirent les jeunes et de l’autre, celles qui recrutent et les deux ne sont pas forcément en phase. On observe par exemple plus d’offres que de demandes dans la chaudronnerie et l’usinage et donc une pénurie de jeunes diplômés dans ces domaines » observe Anthony Morel, responsable de la communication de l’AFPMA, le pôle formation de l’Ain.



Si les jeunes représentent 90 % des effectifs, les centres d’apprentissage et de formation accueillent aussi des adultes, en reconversion professionnelle ou suite à une perte d’emploi. Sur les 3220 apprentis recensés dans le département, l’AFPMA compte à elle seule 450 apprentis avec une filière phare : l’électrotechnique et la maintenance. Enfin, l’apprentissage est aussi une voie vers la création d’entreprise. La chambre des métiers récompense chaque année d’anciens élèves devenus chefs d’entreprises.



Emploi : une reprise confirmée



A 6,8%, le taux de chômage dans l’Ain y est l'un des plus faibles de France, selon les données de l'Insee. De bons résultats à tempérer par le fait que beaucoup d'habitants de l'Ain travaillent dans les deux grosses métropoles que sont Lyon et Genève. Néanmoins, plus de 40% des entreprises locales ont augmenté leurs effectifs sur les deux dernières années. Si l'Ain compte quelques grosses implantations, comme Renault Véhicules Industriels à Bourg-en-Bresse, CIAT/Carrier à Culoz, EDF avec sa centrale nucléaire du Bugey ou bien encore, le PIPA, le Parc Industriel de la Plaine de l’Ain, il se caractérise avant tout par la densité de son tissu entrepreneurial. "C'est sa particularité : le département compte énormément de petites et moyennes entreprises", relève Stéphanie Depil, responsable des études à l'Insee Rhône-Alpes.



Parmi les plus connues : Ligne Roset ou Fermob (ameublement), Cotélac (textile) ou Poralu (équipements portuaires). Le poids de la "Plastic Valley" installée autour d'Oyonnax est aussi déterminant, puisque ce district concentre 42% de l'emploi salarié dans les PME du département. Selon une enquête publiée par le département, la plasturgie génère 17000 emplois, devant la métallurgie (13800 emplois), l'agroalimentaire (9500 emplois), la construction électrique (5400 emplois), l'ameublement (3400 emplois) et les équipements de réfrigération et de traitement de l'air (3200 emplois). Derrière les bonnes statistiques se cache aussi la précarité.



L’agence Pôle emploi d’Ambérieu-en-Bugey qui dispose de nouvelles surfaces dans des locaux neufs et d’outils numériques supplémentaires pour les usagers, travaille en concertation avec la Communauté de communes de la Plaine de l’Ain pour mieux évaluer les besoins de recrutements et anticiper sur les métiers de demain. Parallèlement, la CGT pointe du doigt la numérisation à outrance qui « tient l’usager à distance ». Pôle Emploi continue de réduire le nombre de ses agences, afin de « regrouper les activités dans des agences plus importantes, rationaliser les moyens et faire des économies ». Et ainsi augmenter le traitement des dossiers via internet.



De l’Intérimaire à l’indépendant



Si l’INSEE confirme la tendance à la reprise économique, les entreprises peinent toujours à trouver des candidats. Les agences d’intérim y sont confrontées chaque jour. « Actuellement, nous enregistrons, comme souvent à la même période, une activité soutenue » déclare la responsable de l’agence Manpower de Bourg-en-Bresse, Christelle Cornet. L’intérim suit la courbe du baromètre et tous les acteurs s’accordent à dire que « Quand l’intérim va, tout va ». C’est particulièrement vrai dans le secteur du bâtiment qui reprend doucement après la trêve hivernale. « Pour le BTP, nous sommes tributaires de la météo. De ce paramètre dépend la reprise ». L’autre tendance, c’est le boom de la vente directe : produits bio, lingerie, bijoux sont les produits qui cartonnent. Le télétravail, des horaires flexibles et une certaine indépendance séduisent de plus en plus de candidats. La vente directe sait offrir temps partagé et emploi de proximité comme une source de revenus complémentaires. Le secteur enregistre une croissance de 22 % sur les 5 dernières années avec plus de 650 000 VDI.



300 000 entreprises sont membres de la fédération de la vente à domicile, dont il convient, avant de commencer l’exercice de vendeur de s’interroger sur les statuts, droits et obligation. Citons dans ce domaine : Tupperware, Allande ou Victoria. Enfin, parmi les nouveaux métiers et ceux de demain, découvrons les pilotes de drones, ou les coachs en développement personnel, sportif ou mode comme les personal shoper. Une fonction très enviée par les fans de shopping. Les métiers du digital sont très prisés, en particulier ceux liés à la gestion des datas, au développement, au design d’interfaces et à la cybersécurité. Ceux du bien-être en entreprise (happiness officer) prennent également beaucoup d’importance dans les entreprises.



Pour autant, les métiers du service à la personne ne sont pas en reste, compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie. Enfin, de nouvelles professions apparaissent, liées à l’évolution de notre société. Citons par exemple, le thérapeute spécialiste en cyberdépendance, sans oublier les métiers de l’environnement et ceux liés aux énergies renouvelables : technicien éolien ou en énergie solaire. Et tant d’autres qui restent à inventer.


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