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François Belay : une voix au service du Tour, de l’USO et de l’Ain


Cela fait 41 ans que François Belay a un micro dans les mains. Journaliste, animateur, organisateur… Le burgien a plus d’une corde à son arc. Entre Tour de France, animations et matchs de l’US Oyonnax, il clame dès qu’il le peut son amour pour l’Ain. Rencontre.

Speaker du Tour de France, de l’USO, directeur de l’agence d’événementiels AOC, président-fondateur de l’Académie de la Bresse, ambassadeur de l’Ain… À 59 ans, François Belay est une figure du département. « C’est vrai que j’ai de multiples casquettes. Au départ, j’ai une formation d’animateur et journaliste radio. J’ai d’ailleurs créé la première radio-pirate en France à Bourg-en-Bresse, en 1967, ensuite j’ai monté Radio 2 à Bourg en 1981 à l’époque où les radios étaient autorisées puis j’ai collaboré avec Radio France, RMC, et avec M6 en 1987 », se souvient-il.



En 1994, il décide de mettre sa voix à d’autres services et s’installe à son compte avec « François Belay animations » où il prend en charge des animations événementielles essentiellement basées sur l’économie et le sport. Puis, en 2008, il développe une nouvelle entité : l’agence AOC, organisatrice d’événements. Alors, entre animation de séminaires, de salons et de colloques sur toute la France et organisation de A à Z de manifestations comme prochainement les 50 ans de l’entreprise Poralu ou encore les 100 ans du lycée agricole de Cibeins, l’agenda de François Belay semble bien rempli.



Mais ce serait mal connaître le burgien que de penser que cela lui suffit. Outre, les manifestations organisées directement par son agence comme le grand marché des AOC-AOP-IGP, unique en France et dont la 8e édition aura lieu les 17 et 18 mars prochains à Bourg-en-Bresse et la Boule de Bresse dont la 9e édition a eu lieu en novembre dernier au profit de l’association « Mécénat chirurgie cardiaque », François Belay réussit à combiner passion et profession. Prêtant sa voix à l’animation des matchs de l’US Oyonnax dès que ces derniers ont lieu à Charles Mathon, depuis 2003, après douze années à seconder la voix historique de la Grande boucle, Daniel Mangeas, il est également devenu le speaker officiel du Tour de France. « Je suis à l’arrivée de chaque étape. Je suis la voix du protocole qu’on entend quand les coureurs montent sur le podium et qu’ils sont félicités », résume-t-il.



Une mission qui lui a permis de rencontrer bon nombre de stars. « J’ai rencontré des gens que je ne pensais jamais croiser dans ma vie. Will Smith, Cameron Diaz, Tom Cruise, Michael Douglas, ou même Arnold Schwarzenegger en 2003 à l’occasion de l’avant-première nationale d’un de ses films, sur l’étape Narbonne-Toulouse. Il faut dire qu’à l’époque de Lance Armstrong, il y avait plein d’invités américains. Et il y a aussi tous les grands de notre société française, les présidents, les premiers ministres, les ministres, les acteurs, chanteurs et autres personnalités », raconte le speaker.



VRP inégalable du département



Alors qu’il partira de Vendée le 7 juillet prochain pour son 16e Tour, décalé d’une semaine en raison de la Coupe du monde de football, François Belay avoue toujours autant aimer son métier. « Quand on est un peu curieux, c’est un métier dans lequel on arrive à acquérir pas mal de connaissances. J’aime la diversité. Ça m’embêterait de ne faire que du vélo, que du rugby ou que de l’économie. J’aime passer d’un sujet à l’autre y compris sur la même journée. Et à mon âge canonique, j’apprends encore ! », sourit celui qui s’est habitué à être reconnu par sa voix et plus rarement par son visage. « C’est pour moi assez naturel, la conséquence d’un métier un peu hors norme, pas tout à fait banal. J’essaie surtout d’être un bon artisan. »



Et lorsqu’il délaisse son micro, c’est pour mettre en avant son cher territoire. En véritable VRP, il pourrait s’enthousiasmer des heures sur le département où il est né. Et sa voix est audible tant, lui connaît les autres départements français qu’il parcourt en juillet depuis 15 années. « Je suis avant tout un serviteur de mon département, je suis impliqué dans tout ce qui peut le valoriser. L’Ain est un département merveilleux, c’est le plus beau de tous et de loin. Il n’y en a pas d’autres qui ait autant de diversités de paysages et autant d’atouts. On est le 3e département au taux de chômage le plus bas de France, on est le premier département industriel et ça n’empêche pas que l’on peut y faire du vélo, du rugby, de la balade… On peut tout faire ! C’est un département de paradoxes mais des paradoxes qui sont très complémentaires et avec une belle unité globale. Haut-Bugey, sud du Bugey, plaine de l’Ain, Côtière, Bresse, Dombes, Val de Saône, col de la Faucille… En l’espace de 30 kilomètres, vous pouvez avoir des paysages très distincts. Je ne parle pas de régions qui sont toutes plus belles les unes que les autres. La France est belle mais au niveau d’un département, aucun n’offre autant de diversités, je vous le garantis ! »



« Moi j’y crois : on va se maintenir ! »



Speaker de l’US Oyonnax, François Belay est la voix du stade Charles Mathon chaque soir de match. Il livre ses souvenirs et son sentiment pour la fin de la saison.



Quel est votre meilleur souvenir avec l’USO ?



Ils sont nombreux ! Pour moi, toutes les victoires de l’USO sont de bons souvenirs. Mais je pense en particulier à la saison 2014-2015 où l’on finit 6e. Une saison incroyable, où l’on est en passe de gagner. On perd d’un point en barrages face à Toulouse (20 à 19), on aurait pu être demi-finalistes ! Toute cette saison fut incroyable, elle avait montré qu’on était capables d’être légitimes en Top 14. On était le Petit Poucet qui explosait les gros, qui allait gagner chez n’importe qui, il y avait une telle communion avec le public. Il y avait une unité, une ferveur, une union totale entre les joueurs et le public, c’était merveilleux. Il suffisait de dire deux ou trois choses au micro et 12 000 personnes étaient en fusion, ça criait « Ici, c’est Oyonnax ! » et ça reste un souvenir exceptionnel, une saison de rêve où tous les matchs étaient des fêtes. Et ça serait bien qu’on retrouve ça un jour à Mathon.



Il y a aussi la première fois où l’on est monté de Pro D2 en Top 14. On ne savait pas où l’on allait, on a reçu Clermont, on se demandait à quelle sauce ils allaient nous manger et finalement on leur met 30 points ! Les clermontois nous ont fait la haie d’honneur en rentrant aux vestiaires. C’est un souvenir incroyable.



Je pense aussi à la remontée de fin de saison dernière. La Pro D2, c’est bien, mais le Top 14 c’est quand même autre chose !



Comment voyez-vous le reste de la saison ?



On progresse, c’est intéressant. Les matchs à venir seront décisifs. J’y crois, on y croit tous, il le faut ! On n’est pas plus mauvais que les autres, on a mis un peu de temps à s’adapter à ce championnat. C’est vrai que dès qu’on le quitte une saison, on s’aperçoit qu’il est de plus en plus compliqué. Il y a un niveau de progression des championnats absolument dingue ! De la Fédérale 1 au Top 14, c’est hyper compliqué. En intensité physique, la Fédérale 1 d’aujourd’hui, c’est la Pro D2 d’il y a trois ans, et la Pro D2 d’aujourd’hui, c’est le Top 14 d’il y a trois ans. De ce fait, quand on décroche, ne serait-ce qu’une saison, on redevient le Petit Poucet.



On a prouvé qu’on avait un vrai groupe. En début de saison, c’est vrai, j’avais un peu peur que le banc ne soit pas suffisant pour tenir le choc. Mais avec les jeunes qui s’intègrent, je pense qu’on a les moyens de se maintenir. Mais la concurrence est dure. On voit qu’Agen ne lâche rien, Brive, ça reste Brive… Mais moi j’y crois : on va se maintenir. Il faut en mettre au moins un derrière soi.



Mais honnêtement, c’est plus dur que ce que je pensais.



« Botica marche sur l’eau »



Un pronostic pour l’équipe championne à la fin de la saison ?



Les rochelais sont très impressionnants. Est-ce qu’ils tiendront le coup sur toute la saison ? Je ne sais pas parce qu’il y a quand même Toulon, Clermont, Montpellier ou même le Racing qui restent costauds. Mais je trouve que le jeu rochelais est tellement beau, qu’à la limite, mon favori serait La Rochelle. Dans le jeu pur et dur, La Rochelle c’est un régal !



S’il ne fallait citer qu’un joueur de l’USO ?



J’aime bien Ma’afu. Il symbolise bien cet USO, à la fois respectueux sur le plan humain et en même temps, c’est un vrai guerrier, solide. C’est un homme bien, j’ai toujours eu une vraie admiration pour lui. Et cette année, le garçon impressionnant, c’est Botica. Il est au-dessus du lot. C’est un des meilleurs ouvreurs du Top 14. Et de loin ! Il marche sur l’eau, on voit quand il est sur le terrain ou non.



Les Oyomen sont des gens bien dans l’ensemble. C’est bien aussi de voir des jeunes du cru comme Fabbri ou Taieb.


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