L'Ainpact

Les routes mythiques de l’Ain


Avec ses virages en lacets, ses cols et ses routes panoramiques, il est évident de placer l’Ain au sommet du hit parade routier. N’en déplaisent à nos amis savoyards et leur fameuse route des Alpes, notre territoire regorge de belles routes mythiques, car historiques.

C’est une association vieille de 90 ans. L’union Motocycliste de l’Ain a d’ailleurs fêté cette année les 80 ans de son organisation fétiche, le rallye de l’Ain.  À l’origine, le Moto Vélo Club de l’Ain représente le sport motocycliste sur la région de la Bresse, du Revermont et du Bugey. En 1913, l’association du Vélo Club de Bourg et le Moto Club de l’Ain s’unissent pour former le Moto Vélo Club de l’Ain (MCVA) dont le président est Hervé Villard. Ils organisent le « Circuit de l’Ain » qui se court à moto sur un circuit constitué de routes en terre.



Il est 5 heures du matin lorsqu’une vingtaine de concurrents (dont 7 side-cars) s’élancent de Bourg-en-Bresse à raison de trois motos par minute. Sur le parcours routier, des contrôles sont installés au Pont de Serrières-sur-Ain, puis à Nurieux, Thoirette, puis enfin à Bourg-en-Bresse. Le rallye est né. En 1925, les côtes de Berthiand et de Serrières-sur-Ain deviennent des épreuves spéciales, même si on ne les appelle pas encore ainsi. En 1927, la section moto du M.C.V.A. forte de ses 100 membres prend son indépendance et devient l’Union Motocycliste de l’Ain, sous la conduite de M. Berthollet. Les courses de côtes deviennent très réputées : celles à Saint Martin du Mont en 1921, Cerdon en 1926, les « S » de Treffort à partir de 1928, Le Mas Riller en 1954 et depuis 2015 au Petit Abergement, avec le Championnat d’Europe depuis 2016. En 2018, l’Union Motocycliste de l’Ain a organisé trois courses : 80e Rallye Routier de l’Ain à Cerdon le 16 Juin, 4e Course de côte au Petit Abergement les 21 et 22 juillet et la 12e Montée Historique M. Violland à Coligny le 23 Septembre. Les routes de l’Ain entrent dans l’histoire.



Tour de l’Ain et Tour de France



L’Ain se targue d’être le premier organisateur de courses cyclistes avec 160 manifestations organisées chaque année. Les parcours sont minutieusement préparés. À l’instar du Tour de l’Ain. À ses débuts, et jusqu’en 1992, le Tour de l’Ain est réservé aux coureurs amateurs, mais son importance au niveau du calendrier cycliste va vite évoluer. Dès 1992, elle passe Open, c’est-à-dire qu’elle devient une course pour les coureurs professionnels mais ouverte aux amateurs. En 1999, un nouvel organisateur est mis en place, il s’agit de Cyclisme Organisation. Ce nouveau mode de fonctionnement permettra notamment la première arrivée d’une étape au sommet du col du Grand Colombier. Depuis 2005, la course est admise au calendrier de l’UCI. Cette course devient la plus grande organisation cycliste du département. Véritable vitrine, tant au niveau national, qu’au niveau international, la compétition attire des coureurs de renom tel que Alexandre Vinokourov en 2009 ou Thomas Voeckler en 2010. Historiquement organisé pendant le mois d’août, le Tour de l’Ain s’est positionné cette année en mai et fait l’objet d’une couverture médiatique inédite sur Eurosport.



L’organisation du Tour de France a, quant à elle, longtemps attendu avant de découvrir le désormais célèbre Col du Grand Colombier. Ce n’est qu’en 2012 que les coureurs font enfin la connaissance de ses pentes. Les petits lacets font alors le tour de la planète et les cyclistes ébahis découvrent les merveilleux virages en épingle au départ de Culoz. Culminant à 1 498 mètres d’altitude, le col est situé sur la commune d’Anglefort. En contrebas s’étend la vallée du Rhône et à l’ouest, la vallée du Séran. Le point de vue depuis le sommet permet de voir le lac du Bourget la sortie des gorges du val de Fier et à l’Est, les sommets alpins. Tout ici est réuni pour le plaisir des yeux et plusieurs routes permettent d’accéder au col. L’une des plus difficiles consiste à le grimper par la route venant d’Artemare puis par Virieu-le-Petit. Cette voie présente des pentes très fortes avec un profil de 15,9 km à 7,8 %. Un secteur forestier de 4,4 km à plus de 12 % très difficile, comprend notamment un court passage à 22 % inclus dans un tronçon de 400 mètres à 18 % de moyenne dans les 1 500 derniers mètres. Ce côté est appelé « le versant ouest direct ». Avec un profil de 14,05 km à 9 %, un autre itinéraire encore plus impressionnant est surnommé « la Directissime».



Le Grand Colombier resta longtemps inconnu du monde du vélo, mis à part quelques « Fous » de la région. Si le Tour de France, le Critérium du Dauphiné ou le Tour de l’Ain parcourent ses versants, d’autres n’ont pas attendu la notoriété médiatique pour faire sa connaissance. Au cours du repas qui clôture l’assemblée générale des Cyclos du Plateau d’Hauteville, le Président Patrick Perrard et le secrétaire Michel Pelissier évoquent leur entrée dans la toute jeune « Confrérie des Cinglés du Mont Ventoux ». Puis vinrent les comparaisons entre les 3 faces du Mont Ventoux et les 4 faces de notre « Géant Bugiste », le Grand Colombier. Lequel de ces deux défi s est le plus difficile ? Pour le savoir, il suffit de tenter l’expérience. C’est ainsi qu’en septembre 1992, les « Fêlés du Grand Colombier » viennent de naître. Le but est de gravir plusieurs de ses faces dans la même journée.



Rallye de l’Ain automobile 



Hervé Besson est le président de l’ASA ESCA, organisateur du Rallye de l’Ain automobile. Il se déroule tous les ans dans la vallée d’Oyonnax. Créé en 1976,  la victoire dans ce rallye automobile fut convoitée par de nombreux pilotes connus tels que Christian Rigollet, Gilles Nantet (6 victoires), Dany Snobeck, Éric Mauffrey ou encore Yves Pezzutti. En 2013, le Rallye Ain Jura a été le théâtre de la finale de la coupe de France des Rallyes. Et cette année, «c’était la 41e édition avec 115 participants», indique Hervé Besson.



Alors, quand on lui demande quelle est sa route favorite, il hésite et répond « le col de la Faucille avec sa vue panoramique sur les Alpes, le Mont Blanc, Genève et son lac ». Puis, très vite, il en cite d’autres : le Grand Colombier, celui de Richemond, la route du chemin de la guerre vers le lac Genin. Des routes encore accessibles jusqu’aux premières neiges. La météo n’est pas toujours favorable pour les emprunter, sauf bien équipés, et il faut attendre le printemps pour déneiger quelques cols. C’est dans ces conditions souvent extrêmes que les légendes naissent.


Les plus beaux cols de l’Ain

C’est à l’Est du département que l’on trouve la plupart des cols réputés. Ils sont en général assez pentus et dépassent souvent les 500 mètres de dénivelé. De nombreux « Golets » sont parfois indiqués à tort comme étant des cols. En patois, ce mot désigne un passage étroit et pentu. Impossible de tous les citer, mais certains se démarquent.



Le col de la Faucille et celui du Grand Colombier sont les favoris et offrent une vue incomparable sur Genève et les Alpes. Longue montée assez soutenue sur tous les versants, les derniers kilomètres du Col de Portes sont aussi très pentus. Un petit détour pédestre s’impose au sommet pour admirer le point de vue depuis le calvaire et la belle chartreuse de portes. Le col de Berthiand est très roulant, et offre de longues lignes droites et des passages à 10% sur ses deux faces. Il est fréquemment emprunté par le Tour de France au sortir des Alpes. Le col d’Evosges est une superbe montée par le versant ouest (Saint Rambert) via le village classé d’Oncieu. L’accès sud par Tenay est beaucoup plus pentu et aérien. En bordure du plateau d’Hauteville, le Col des Pézières présente une montée longue et exigeante sur son versant Ouest depuis la Vallée de l’Albarine via le village classé d’Oncieu. Sauvages sur le bas, les paysages sont plus champêtres à l’approche du sommet. Le col de la Lèbe est un des rebords du plateau d’Hauteville. Si le versant ouest est presque de niveau, le versant est (Belmont) est long (12km) mais très régulier. Le col de Colliard est une très belle et sévère montée par la face nord (Les Neyrolles). Attention, l’accès par les Neyrolles et souvent fermé (éboulements fréquents). Il est vivement déconseillé de descendre par cette route à cause de la présence fréquente de cailloux sur la chaussée. La montée sud s’effectue par la superbe et champêtre Combe de Leschaux ou par le Col de Belleroche.


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