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Les vendanges se sont terminées dans le Bugey sur la promesse d’un beau millésime

  • Des vendangeurs en plein travail
  • Des vendangeurs en plein travail
  • La benne est prête à être vidée dans le pressoir
Tant du côté de Cerdon qu’à Montagnieu ou dans le bas-Bugey, les vendanges sont globalement terminées. Elles se sont déroulées dans des conditions parfaites, grâce à une météo idéale. La qualité des raisins est unanimement reconnue, ce qui est le gage d’une magnifique production à venir. La seule réserve concerne la quantité qui pourrait être amputée d’un tiers dans certains secteurs. Place maintenant à la période de vinification qui confirmera les promesses entrevues, et fournira aux consommateurs des produits dont l’excellence est désormais saluée, produits à consommer avec modération bien entendu.

Effets du réchauffement climatique ou aléas climatiques traditionnels, les dernières années avaient apporté aux viticulteurs du Bugey leurs lots de grêle et de gel si destructeurs pour la vigne. La région du Bas-Bugey, protégée par le massif du Grand Colombier, et bénéficiant du microclimat propre à la partie méridionale du Valromey, s’en sortait souvent mieux que les zones de Cerdon et de Montagnieu. L’année 2019 aura été moins cruelle, sauf sur certaines parcelles du Cerdon qui ont connu des épisodes de gel tardif, pratiquement jusqu’aux saints de glace.  Patrick Bottex, qui exploite 6 ha de vigne au hameau de La Cueille, commune de Poncin, en convient. « Les vendanges se sont bien déroulées. Les raisins sont bien mûrs et la récolte est belle. Mais on ne fait que les 2/3 tiers d’une année traditionnelle. On a eu 3 gelées en avril et la dernière le 6 mai. La canicule de l’été n’a rien arrangé. La pluie d’août n’a pas été suffisante pour regonfler les grappes sur certaines parcelles ». Ces propos sont largement confirmés par Véronique Antoine installée à Rignat. « Les raisins sont très beaux, mais il en manque jusqu’à 50 % sur certaines parcelles à cause du gel de printemps et de la canicule. Ce sera très bon. Il y a beaucoup de matière, des arômes et un degré  intéressant ». Si au nord, on se plaint quelque peu, plus au sud dans la région de Montagnieu, on est moins critique. A Groslée, Yves Duport ne cache pas sa satisfaction. « C’est une année normale en volume, et très bonne en qualité. L’année dernière, on avait été victime de la grêle, et aussi du gel l’année d’avant. Les raisins ont une belle acidité qui donnera un beau millésime. On a pu commencer les vendanges le 9 septembre, bien avant les traditionnels 100 jours après la fleur ». à Seillonnaz, à quelques kilomètres, la maison Froquet se réjouit de la clémence météorologique. « Pas de grêle, pas de gel. Les vendanges se sont parfaitement déroulées. Ce sera assurément une belle année ». Il restait à sonder la plus grande zone viticole du Bugey, appelée communément la zone de Belley. L’année 2018 avait été particulièrement bonne, avec de gros volumes et des vins excellents. Le printemps 2019 n’a pas connu, sauf très rares exceptions, de gelées tardives. Le thermomètre s’est arrêté à -1,5°C. On a frisé la correctionnelle et la catastrophe a été évitée. La fraîcheur du mois de mai a ralenti la pousse de la vigne, qui s’est normalement remise en route ensuite. Comme nous le précise Eric Angelot, les chaleurs de l’été ont permis une belle maturité des raisins, et les quelques orages sans grêle ont apporté l’eau nécessaire au gonflement des grappes, moins nombreuses cependant qu’en 2018. 



Ce qu’il faut savoir sur les vins du Bugey



Les vins du Bugey occupent, dans le paysage viticole français, une place particulière que d’aucuns appellent une niche. D’abord à cause de la surface occupée par les ceps, soit un peu plus de 500 ha. A titre de comparaison, le Beaujolais compte 17 500 ha de vignes. Forcément, la petite production, à peine 30 000 hl, est à la mesure de la surface. Mais la spécificité des vins du Bugey est la grande variété des sols et des sous-sols qui autorise la fabrication d’une gamme complète de 8 vins, blancs, rouges, rosés, mousseux ou pétillants. L’appellation "Vins du Bugey" englobe trois zones distinctes, souvent adossées à un relief semi-montagneux, avec la présence plus ou moins proche d’un fleuve ou d’une rivière. Les rangs de vignes sont la plupart du temps orientés vers l’ouest et le sud, bénéficiant ainsi d’un ensoleillement maximum.  La première zone de production se situe aux environs de Belley, depuis les pentes du massif du Grand Colombier jusqu’aux rives du Rhône. La complexité géologique des terrains permet la culture de nombreux cépages. C’est là que se retrouve la majorité des quelques 120 producteurs déclarés de vins du Bugey. Les plus grands domaines sont le Caveau Bugiste et la Maison Angelot, que l’on retrouve sur les salons et rassemblements gastronomiques du département. Mais de nombreux viticulteurs ont su garder une clientèle familiale fidèle appréciant leur savoir-faire. Sur la rive droite du Rhône, la zone de Montagnieu est un coteau escarpé aux pentes parfois raides. La production se concentre sur les blancs et des mousseux élaborés selon la méthode traditionnelle. Enfin, plus au nord, on trouve la zone dite de Cerdon dont la particularité est la vinification, selon la méthode ancestrale, d’un pétillant rosé doux et léger. Cette région s’étend des deux côtés de la rivière d’Ain, de la commune éponyme aux portes de Bourg en Bresse, à St Martin du Mont et Journans plus précisément. Grâce à l’amélioration des méthodes de vinification entreprise depuis plus de 30 ans, et au patient travail du syndicat des viticulteurs du Bugey, les vins du Bugey bénéficient, depuis 2009, du label AOC pour 2 appellations : l’AOC Bugey et l’AOC Roussette du Bugey. La première peut se décliner en
4 autres appellations complémentaires (dont le Cerdon et le Montagnieu), et la seconde en 2 appellations complémentaires.


Jean Chaudet : « le réchauffement climatique nous favorise ».

Du côté du Caveau Bugiste à Vongnes, Jean Chaudet est satisfait. « L’année dernière avait été une année exceptionnelle tant en qualité qu’en quantité. Cette année, on va faire 30% de moins, mais avec des raisins excellents, bien mûrs, bien dorés pour les blancs. 2019 sera un grand millésime. Dans le secteur, la vendange est belle partout. Le réchauffement climatique nous favorise. Autrefois, dans les régions semi-montagneuses, on avait 1 année sur 3 où les vins étaient un peu acides. Maintenant, c’est complètement fini. Ils sont souples, ronds et fruités ». Le Caveau draine annuellement 35 000 visiteurs jusqu’au charmant petit village de Vongnes et vend la moitié de sa production sur place. L’ouverture du caveau 365 jours par an et la culture de 45 ha de vigne occupent largement le temps des 6 salariés. « On est loin de tout et il faut 1h pour venir nous voir. Mais les gens qui viennent au caveau trouvent toujours quelque chose qui les intéresse. On fait une trentaine de cuvées dans des cépages différents. Et si ce n’est de goûter nos produits, il y a les 2 musées, les expos de peinture et de sculpture, les jeux pour enfants, l’accueil des camping-cars. On est fiers de notre production, et on aime la faire découvrir. C’est le résultat d’efforts permanents depuis 50 ans »


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