L'Ainpact

Portrait de Anaïs Bescond - Biathlète française


Déçue de ses premiers jeux olympiques, la biathlète Anaïs Bescond a pris sa revanche. Actuellement en Finlande où elle dispute une manche de coupe de Monde, elle nous a accordé quelques minutes d’une vie sportive bien remplie.

« Sur un petit nuage ». Voilà où se trouve Anaïs Bescond si vous la cherchez. Depuis son retour des jeux olympiques de PyeongChang, la jeune biathlète de 31 ans a décroché sa lune, ses étoiles, ses médailles. « J’étais animée d’un fort esprit de revanche », nous dit-elle. « Je suis revenue frustrée des JO de Sotchi où j’ai terminé deux fois cinquième, plus un relais mixte chaotique, et un autre (relais féminin) même pas disputé ». Mais c’est du passé. La jeune femme appartenant à l'Armée de terre, peut désormais ajouter les médailles olympiques à son palmarès. D’abord, un titre de championne olympique en relais mixte et deux médailles de bronze : une obtenue lors de l’épreuve individuelle de la poursuite et l’autre en relais féminin des Jeux olympiques de PyeongChang. Elle possède également un titre de championne du monde, remporté en 2016 à Oslo du relais mixte et détient aussi cinq autres médailles d'argent lors des championnats du monde, une lors de l'individuelle en 2016, trois obtenues en relais féminin et la dernière en relais mixte en 2015. Elle signe aussi une victoire en coupe du monde. « C’était mon objectif du début de saison », écrit-elle sur son blog. « Monter sur des podiums en coupe du monde avant les JO. C’est drôle, arrivée à Antholz, après la dernière course avant l’envol olympique… sans podium au compteur, j’ai eu une conversation avec la Slovaque Kuzmina (!). C’est elle qui m’a fait prendre conscience qu’il y a 4 ans, ma victoire en coupe du monde n’avait pas débouché sur une médaille à Sotchi. C’est alors que je me suis dit : pas besoin de podium avant Pyeong Chang, c’est là-bas que je le ferai ! Et c’est ce qui s’est passé !!!! ».



Des célébrations reportées



A son retour en France, la jeune femme n’a pas eu le temps de profiter de ses médailles : « On a fait le choix de repousser les festivités. Je me suis ressourcée auprès de mes amis et de ma famille et les célébrations ont été remises à plus tard ». Le maire de Morbier, où elle vit, attendra donc, tout comme le président de la république. La jurassienne n’est d’ailleurs pas impressionnée par cette future rencontre à l’Elysée : « Je respecte notre président mais je ne le connais pas. Tous les gens de ma commune à Morbier me sont familiers, le maire, mais aussi mes supporters. Ils sont aussi importants à mes yeux, si ce n’est plus. » Morbier, c’est là qu’elle pose ses valises et là où elle aime skier. « Je m’entraîne surtout au stade de biathlon des Tuffes à Prémanon. Tout le domaine skiable est relié dans le Jura, c’est ce qui me plaît ». On est loin des circuits de coupe de monde qui ne proposent bien souvent que de petites boucles. « Ce sont les circuits en plat montant sur lesquels j’exploite tout mon potentiel. En Italie par exemple à Antholz, c’est un circuit qui me correspond. Ou à Canmore au Canada où l’on retourne d’ailleurs l’année prochaine. C’est un circuit que j’aime beaucoup. Le Grand Bornand est un peu particulier, tout en relance, mais c’est à domicile et l’ambiance est exceptionnelle. On a beaucoup de chances en Biathlon car les français et nos supporters se déplacent beaucoup sur les manches de coupe de monde. C’est une aide précieuse. »



Anaïs Bescond a aussi la chance de voyager partout dans le monde, mais n’a pas le temps de faire du tourisme. « Je dis tout le temps qu’une seule vie ne suffit pas pour tout découvrir. On enchaîne trois courses par semaine mais on ne connaît pas les pays où l’on pose nos sacs. On se contente de tourner sur les stades. J’ai envie d’en voir plus et en même temps, je ne suis pas sûre de vouloir revenir plus tard aux mêmes endroits. Les voyages, c’est un rythme auquel on s’habitue même si je n’aime pas faire et défaire mon sac. » Après 10 ans de biathlon, Anaïs a toujours l’envie, la joie. « Le biathlon est une famille : c’est 200 personnes qui se déplacent au même endroit au même moment ». Son futur proche, ce sont les 3 semaines de coupe de monde à venir, puis le championnat de France à Prémanon et enfin le championnat militaire. Le futur lointain, Anaïs avoue avoir quelques idées déjà sans trop y songer : « Je ne sais pas quand j’arrêterai. Tant que je suis motivée et passionnée, tant qu’il y a l’envie et la passion, je continue. Le jour où je ne serai plus motivée, ce sera le signe qu’il faut passer à autre chose ».


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