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Quel bilan de santé pour l’Ain ?


L’état de santé apparaît globalement satisfaisant dans l’Ain, avec des taux de mortalité générale, par cancers et par maladies cardio-vasculaires inférieurs aux taux nationaux. Ici comme ailleurs, l’enjeu consiste à faire venir les spécialistes !

Du côté des bonnes nouvelles, Philippe Guétat, directeur de l’ARS (Agence Régionale de Santé Auvergne Rhône-Alpes) l’affirme : « Globalement, la population de l’Ain est en bonne santé. C’est même l’un des départements qui a l’espérance de vie homme et femme la plus haute. » Soit 80,4 ans pour les hommes et 85,5 pour les femmes. C’est plus que la moyenne nationale. La grande enquête réalisée par l’ARS souligne que chez les hommes, les cancers représentent la première cause de décès depuis le début des années 2000, alors que les maladies cardio-vasculaires restent la première cause de décès chez les femmes.



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« De plus, le vieillissement de la population a commencé plus tard dans l’Ain car une population jeune s’installe pour l’emploi » rappelle Philippe Guétat.



L’Ain, à l’image de la région, bénéficie d’une forte attraction qui explique sa croissance démographique, similaire à la Haute-Savoie (+ 1,3 %, et + 3 % pour le seul pays de Gex). Malgré cela, la part de personnes dépendantes va augmenter. En 2015, la région comptait 172 000 personnes âgées potentiellement dépendantes (GIR 1 à 4). Selon une étude menée par l’INSEE en juillet 2016, le nombre de personnes âgées dépendantes atteindrait 187 000 en 2020, puis 215 000 en 2030, soit + 25 % entre 2015 et 2030. L’Ain est aussi marqué par de fortes disparités. Les secteurs d’Oyonnax et de Bellegarde connaissent une obésité infantile plus importante par exemple et on continue d’aller consulter les spécialistes du Grand Lyon qui emporte des résultats de prévalence de certaines pathologies ou de déficiences créant une situation de saturation des dispositifs de prise en charge.



Un manque d’offres de proximité



Sur les zones urbaines, les risques industriels et les problèmes de qualité de l’air sont prédominants. C’est le fameux couloir de la chimie à Lyon et dans les vallées alpines. On peut désormais établir un lien direct entre la qualité de l’air et le développement de pathologies chroniques comme l’insuffisance respiratoire et certaines formes de cancers. Le risque nucléaire est aussi présent dans le Bugey. Ici comme ailleurs, la problématique majeure de la région demeure l’accès à une offre de proximité en médecine générale et spécialisée. « Le vrai enjeu concerne l’installation des professionnels de la santé car, si dans ce domaine, la liberté prévaut, le fait est que 90 % des étudiants en médecine s’installent sur Lyon. La dynamique des 27 Maisons de Santé pluriprofessionnelles ainsi que certains dispositifs innovants pour l’accès à l’urgence ont apporté un début de réponse qu’il faudra poursuivre et amplifier. On essaie de renforcer l’attractivité de certains secteurs. En 2018, nous avons le même nombre de généralistes qu’en 2012 ».



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Les mauvais élèves : Rougeole, Hépatite C et cancer de l’utérus

Notre système de santé a su conserver, à ce jour, son caractère solidaire, au prix d’un endettement du système. De 1998 à 2015, la branche maladie a été constamment en déficit, atteignant un pic en 2004 et 2010 de - 11,6 Milliards. La part des dépenses de santé dans le PIB, de l’ordre de 11 % n’a sans doute pas atteint son sommet (17 % aux Etats-Unis), mais le maintien d’un système solidaire suppose que la progression des dépenses suive celle des recettes, et donc celle de l’évolution de la richesse nationale. Autre fait selon la Direction générale de la Santé (DGS) : l’épidémie de rougeole qui sévit depuis le mois de novembre ne faiblit pas ! Au total, 913 cas ont été déclarés France, touchant 53 départements (9 dans l’Ain). Ce risque épidémique résulte du fait qu’aucun département de la région ARA n’atteint actuellement les 95% de couverture vaccinale à 2 ans pour les 2 doses de vaccin, taux requis pour permettre l’élimination de la maladie. « Nous le savons, les inégalités de santé sont déjà largement installées avant l’âge de 6 ans » indique la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Le cap du gouvernement est aussi l’éradication de l’hépatite C en France à l’horizon 2025. Enfin, la France a mis en en place très tôt le dépistage des cancers du sein et du cancer colorectal, mais n’arrive pas à améliorer ses résultats dans la prévention du cancer du col de l’utérus. Il est pourtant l’un des cancers les plus inégalitaires alors qu’il pourrait être éliminé. En effet, le repérage précoce des lésions précancéreuses permet d’éviter à 100% le développement d’un cancer.


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