L'Ainpact

Quel nom pour les habitants de l’Ain ?


Rarement, ci et là, on entend « Iniste », « Aineu » ou même « Aindien » mais les consonances sont peu flatteuses ou semblent venues d’un autre pays. Il faut dire que les habitants de l'Ain n'ont jamais eu de nom. Seuls deux départements français ont cette particularité : la Loire-Atlantique et l'Ain. Pour réveiller les consciences collectives, le Conseil départemental a décidé que l’Ain ne serait pas le dernier à s’en doter. Un sujet qui déclenche bien des discussions et qui devrait être trancher prochainement.

Bientôt un nom pour les habitants de l’Ain !



L’idée est un vieux serpent de mer : nommer les habitants de l’Ain. Riche d’une diversité naturelle et culturelle, le département l’est aussi de gentilés. Les bressans pour la Bresse, les bugistes pour le Bugey, avec ses variantes pour le Haut et le Bas-Bugey, les gessiens pour le pays de Gex et les dombistes pour la Dombes. Mais rien pour l’ensemble du département. Or, lors de ses vœux, le Président du Conseil départemental, Jean Deguerry a lancé un message clair : « l’Ain est indivisible ». Pour cela, ses habitants se doivent d’avoir un nom commun. S’inquiétant de la réduction des collectivités territoriales, des régions aux communes en passant par les intercommunalités, l’acte est donc avant tout politique. « À l’échelle de l’Ain, j’ai l’ambition de faire grandir notre département. Je veux en faire une terre de référence. Je veux que l’Ain rayonne, qu’il soit une place forte de la Région Auvergne Rhône-Alpes, je n’ai pas dit une forteresse coupée du monde, mais bien un territoire de référence qui soit reconnu comme tel, en France, en Europe et au-delà », a-t-il clamé.



Alors que l’idée de trouver un gentilé avait été évoquée puis écartée en 2011 par ses prédécesseurs, le Président du Département assume sa démarche. « Ce projet n’est probablement pas la préoccupation première de nos concitoyens, j’en conviens aisément. Mais il est à mes yeux de la responsabilité du Conseil départemental de porter ce projet. Nous sommes parfaitement légitimes. Et je veux faire de ce projet un moment d’échanges, de débats et demain d’identité. Je sais, comme tous ceux qui sont attachés à l’Ain, que les identités de nos différents pays sont fortes. Je n’ai nulle intention de les contester et encore moins de les opposer ou de les renier. Je veux simplement que, nous tous habitants de l’Ain, ayons un peu plus conscience d’appartenir à un tout qui fait sens, qui est porteur de sa propre unité et de sa propre identité, c’est-à-dire le nom donné aux habitants d’un territoire. Cela passe, entre autres, par l’identification d’un gentilé », a-t-il expliqué.



En juin, un nom sera choisi



Et la proposition n’est pas passée inaperçue. Sur le zinc, dans la rue, sur les réseaux sociaux, chacun donne son opinion. Il y a ceux qui veulent « rester comme ça » et ceux qui se lancent. Les « Ainperméables » pour les mécontents de la météo actuelle, les « Ainbéciles », les « Ainposteurs » ou encore les « Ainsupportables », pour les plus agacés, les « Ainsubmersibles », les « Ainportants », les « Aindestructibles » ou les « Aindépendants » pour les plus chauvins, les « Ainpots » ou les « Ainsoumis » pour les plus politisés, les « Ainsus » pour les mélomanes… Sur le site web de l’Ainpact, l’imagination bat son plein. Selon les suffixes classiques, il est aisé de penser aux « Aindiens », mais voilà l’affaire exotique, aux « Aineux », mais le choix est peu flatteur, ou aux « premiers » mais la référence au numéro de département n’est pas évidente. Si aucun nom d’habitants ne figure parmi les différentes archives, les anciens noms de cours d’eau, souvent en ancien français, peuvent donner une autre piste. Et la forme ancienne de la rivière Ain est « Igneus » au IXe siècle et « Hinnis » au XIIe siècle.



Face à l’engouement populaire, le Conseil départemental s’organise. « Trois propositions ciblées seront soumises au choix des habitants et un comité de parrainage, composé de membres emblématiques et illustres de notre Département pilotera cette démarche. Le choix final appartenant bien sûr au Conseil départemental », a affirmé Jean Deguerry.



Ainsi, lorsque les personnalités (une quinzaine de personnes venues de tous les secteurs, de la gastronomie au tourisme en passant par des chefs d’entreprise) auront choisi trois propositions en février, les habitants seront consultés au printemps et une délibération des conseillers départementaux devrait trancher en juin sur le nom adopté.


Le saviez-vous ?

Les vauclusiens pour les habitants du Vaucluse, les vendéens pour la Vendée ou encore les vosgiens pour les Vosges. Certains gentilés coulent de source, latine ou d’oralité.
Mais pas tous.

Sauriez-vous retrouver ces derniers ?

A )     Les axonais et axonaises ?

B )     Les samariens et samariennes ?

C )     Les séquano-Dionysiens et séquano-Dionysiennes ?

D )     Les icaunais et icaunaises ?

E )     Les berrichons et berrichonnes ?

F )     Les bucco-Rhodaniens et bucco-Rhodaniennes ?


Réponses : 

a) Aisne ; b) Somme ; c) Seine-Saint-Denis ; d) Yonne ; e) Cher ; f) Bouches-du-Rhône


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