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Spécial auto / moto - Nathalie Roux, copilote automobile


La famille Roux forme les quatre roues d’une voiture. Impossible d’avancer si l’une manque. Deux à l’avant, deux à l’arrière ou inversement et pas de roue de secours. À 54 ans, la douce et dynamique Nathalie est copilote. Une place qu’elle n’échangerait pour rien au monde.

Dans la famille Roux, on demande la mère. Nathalie a un grand sourire et un visage d’ange. Derrière cette timidité apparente se cache une battante, une vraie. De celle qui prend le départ d’une compétition, non pour le plaisir de participer, mais pour la gagne. Co-pilote de rallye automobile depuis de nombreuses années, Nathalie a aussi l’immense privilège de partager l’amour des rallyes en famille. Auprès de son mari Nicolas d’abord, et avec leurs deux enfants, Emilien et Léonie, tout aussi accrocs que leurs parents. C’est donc en famille qu’on les retrouve sur tous les rallyes de la région. Chacun dans leur voiture, chacun pour son équipe. Déjà parce qu’ils ne courent pas dans la même catégorie et que la comparaison les dérange. «On nous demande toujours si les enfants vont bientôt remplacer leurs parents, mais nous ne sommes pas du tout dans cet état d’esprit. Nous sommes une famille unie et nous avons la chance de vivre tous les quatre la même passion, ce qui est assez rare. » Ils forment d’ailleurs le Europe Garage Rallye Team.



« Au départ, je suis devenue co-pilote pour passer du temps avec mon mari. J’ai arrêté quand on a eu les enfants, j’ai préféré jouer la sécurité. Je ne voulais pas risquer un accident ». Entre la préparation, les repérages et les compétitions, un rallye mobilise du temps, de l’énergie et du monde. Une quinzaine de personne fait les déplacements sur les 5 ou 6 rallyes par an. Nicolas a commencé les rallyes à l´âge de 18 ans sur un sirocco puis une Golf. Leur fils Emilien débute lui aussi sur une Golf GTI puis en 2015, sur une Skoda Fabia R2 naviguée par la dernière roue de la famille, Léonie. La famille Roux au grand complet est aidée par une équipe de 5 mécaniciens et parce que leur passion commune ne suffit pas, tous les quatre travaillent aussi dans le milieu automobile : Nicolas est le PDG d’Europe Garage à Bourg-en-Bresse et Nathalie est directrice du garage d’Oyonnax, après avoir tenu un magasin de chaussures pendant 20 ans. « J’avais besoin d’un nouveau challenge professionnel. C’est mon mari qui m’a proposé de tenir le site Europe Garage à Arbent ».



Le rôle du copilote



Si les pilotes sont toujours très médiatisés, les «;copi», eux, sont les équipiers de l’ombre. «On attribue souvent la victoire ou la défaite d’un rallye au pilote, mais le copilote a un rôle tout aussi important». Qualité première : ne pas souffrir du mal des transports. La moindre indication erronée et la voiture termine dans le décor. Un exercice qui demande beaucoup de concentration, d’expérience et une confiance aveugle entre les deux équipiers. Être copilote, c’est aussi aimer les échanges, les rencontres et l’adrénaline. « On a comme une sorte de pouvoir à l’intérieur de la voiture. On est dans la Spéciale et on doit balancer les notes comme on dit dans le jargon». Nathalie joue donc les chefs d’orchestre et donne l’allure. «Freine, accélère». Mais elle déteste conduire. «Impossible de se disputer le volant. J’aime trop mon rôle de copilote et je ne voudrais pas faire autre chose».



Octobre voit la fin de saison des rallyes. Nathalie et Nicolas seront ouvreurs lors de la finale de la coupe de France des Rallyes à Chalon-sur-Saône. Ils savent aussi qu’ils vivent leurs dernières années de compétition. « On est gentiment mis à la porte par les plus jeunes. Même si l’envie est toujours là, on voit qu’on a moins de réflexes, moins de punch que les jeunes pilotes, c’est normal». Chacun son tour donc. Emilien et Léonie, leurs enfants, sont encore en course et ont de belles années à venir. Mais pas question pour Nathalie de les regarder sur le bord de route. «C’est trop stressant. Quand on est en course, on est tellement concentrés qu’on ne pense plus à eux. Mais dès lors qu’on doit abandonner, c’est très dur de les attendre et les regarder passer». Nathalie a encore en mémoire les deux sorties de route qu’ils ont vécu. « C’est un risque à prendre. On oublie dès qu’on roule».


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