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Toujours très populaire, le marché de Bourg devrait être réorganisé, après les travaux du centre-ville


Les français ont un rapport très étroit avec les marchés. Une enquête nationale en 2018 avait estimé à plus de 10 500 le nombre de marchés alimentaires en France. Près de 6 500 communes en possèdent un, souvent signe d’un rayonnement important. Perdre son marché, c’est aussi grave que de perdre son école.




à Bourg, depuis presque toujours, le marché du mercredi attire tout ce que la Bresse compte d’agriculteurs et de paysans, pour le plus grand plaisir des citadins. Avant, monsieur amenait quelques bêtes à la foire aux bestiaux et madame vendait les œufs et les poules de l’exploitation. Cette image d'épinal a certes vécu, mais le marché a gardé son attractivité. Il  est considéré comme la plus ancienne forme de commercialisation. Le rapport est direct entre le vendeur et le client, la marchandise est exposée à portée des yeux et des mains. D’ailleurs, parmi les raisons évoquées qui font aimer le marché, le plaisir des sens, vue, odorat et toucher, est une des plus souvent citées. Et puis, il y a la foule. Au marché, elle est pacifique. Les gens déambulent, se croisent, se rencontrent. C’est parfois l’occasion de revoir quelqu’un qui était sorti des radars. Certains vendeurs n’hésitent pas à crier pour attirer le chaland. Tout cela contribue à donner une ambiance chaleureuse et décontractée, qu’on  ne retrouve pas toujours dans les autres formes de commerce.



Une nécessaire évolution



Le marché de Bourg compte 225 commerçants titulaires le mercredi, dont 115 alimentaires, et 34 places disponibles pour les occasionnels, dont 14 pour l’alimentaire. Le marché du samedi est uniquement alimentaire avec 107 titulaires. Les attributions des places libérées s’effectuent une fois par an. Certains commerçants en profitent pour récupérer des emplacements plus avantageux à leurs yeux. Au fil du temps, cela donne un mélange pas toujours rigoureux, même si les zones alimentaires et non alimentaires sont clairement séparées. La mairie de Bourg a en projet une reconfiguration du marché. Les étals seraient regroupés de manière plus rationnelle, avec par exemple une zone réservée à l’agriculture biologique, et une autre à des points de restauration à partir des produits des commerçants présents. L’esplanade de la Comédie serait peut-être libérée et le carré Amiot dédié aux marchands non alimentaires. Mais les travaux du centre-ville, malheureusement en panne, bloquent toute initiative en ce sens, pour l’instant.



Le marché, ce sont les clients qui en parlent le mieux



Marianne et Alain de St-étienne-du-Bois

Ils coulent les jours heureux de la retraite à une dizaine de kilomètres de la capitale burgienne. Du temps de leur vie active, ils travaillaient à Bourg, alors ils ont gardé le goût de venir au marché. « On vient pour ainsi dire toutes les semaines, des fois le mercredi, des fois le samedi, quelquefois les deux. Ce n’est pas le même marché, et on préfère le mercredi. On a été bressans pendant 25 ans, on a pris l’habitude. On aime bien revenir à Bourg. Le marché c’est bien pour revoir des gens qu’on connait. Tout à l’heure, on a rencontré des copines. A St Etienne du Bois, il n’y a pas grand-chose. Question consommation, on va quand même dans les grandes surfaces. Mais pour les légumes, le poisson frais, le fromage, le marché c’est mieux. Il n’y a pas d’obligation d’achat. Et puis, on ne nous saute pas dessus ».



Chantal et Bernard de St-Martin-du-Mont

Avant Chantal et Bernard ne venaient pas très souvent au marché. Faut dire que ce n’est pas facile quand on travaille et qu’on habite à l’extérieur. Depuis peu Bernard est à la retraite. « Les grandes surfaces alimentaires, on n’aime pas trop, c’est juste en cas de dépannage. On vient faire le marché en principe le samedi. On achète les légumes, la viande, le poisson, en fait presque tous les produits frais. On aime bien l’ambiance et on n’a pas l’intention de changer nos habitudes. On trouve qu’il y a moins de marchands alimentaires qu’avant. Et du côté des vêtements et du linge, il y a une évolution certaine, mais négative. C’est devenu du bas de gamme ».



Dominique et sa fille émilie de Bourg-en-Bresse

« Je viens très rarement. En général, je travaille le mercredi. Là je suis en vacances. J’aime bien l’ambiance, c’est sympa. Pour les achats, ça dépend si j’ai un coup de cœur ou si j’ai quelque chose à acheter. Pour l’alimentaire, c’est quand même mieux sur le marché. Celui du mercredi est plus intéressant car il est plus grand. Je vais aussi dans les grandes surfaces, même si je préfère venir ici. Car il n’y a pas toujours le beau temps comme aujourd’hui, et il n’y a pas forcément de marché le jour où vous avez besoin de quelque chose ».



Portraits de commerçants



Marie d’Attignat, agricultrice éternelle

Il y a des questions qui ne se posent pas, et l’âge de Marie en fait partie. « C’est vraiment petit », nous dit-elle en montrant quelques bouquets de thym et quelques branches de laurier sur sa petite table de camping. « C’est à l’image du jardin, on n’a plus que ça. Avant j’étais agricultrice, maintenant il y a longtemps que je suis à la retraite. Ce sont les légumes de mon jardin. Tant que je peux faire ! Je viens depuis l’âge de 14 ans. Avant, je venais en vélo. Maintenant c’est mon mari qui m’emmène. Depuis ce matin, je n’ai vendu que deux paquets de thym. Mais je vois quelqu’un, je suis bien. Toutes les personnes qui étaient comme moi, elles sont parties…»



Patricia et Henry-Pierre, paysans boulangers à la Chapelle-du-Châtelard

L’émission de M6 "la meilleure boulangerie de France" a apporté à Patricia et Henry-Pierre une petite notoriété qu’ils apprécient à sa juste mais relative valeur. Pour l’heure, Henry-Pierre est un peu hors circuit à cause d’un genou en réparation. C’est donc Patricia qui assure les marchés. « On fait les marchés de Bourg, Miribel, Beynost. Le mardi, on accueille des enfants handicapés pour la fabrication du pain et la familiarisation avec les animaux de la ferme. Paysans boulangers, c’est cultiver ses propres céréales qui sont envoyées au moulin, qui nous les restitue sous forme de farine. Nos farines sont bio. On fabrique toutes sortes de pain et de pâtisserie avec différents types de farine. Maintenant, on nous demande de plus en plus de pain sans gluten. Les gens deviennent allergiques aux farines blanches. Les mamans mettent au monde des bébés déjà allergiques au gluten et au lactose ».



La famille Cuinet, des fromagers sur le marché depuis 1967

Autrefois fabricants de comté dans le Doubs, la famille Cuinet s’est reconvertie dans la vente de fromages. Pas de boutique, juste les marchés et la livraison des restaurants. «On est la deuxième génération à venir sur le marché de Bourg. On est là le mercredi et le samedi. On fait aussi ceux de Villefranche-sur-Saône trois fois par semaine, Châtillon-sur-Chalaronne, Villars-les-Dombes et Saint-André-de-Corcy. Avoir une boutique à côté, ce serait un peu compliqué. On travaille en direct pour les fromages régionaux, sinon on fait appel à des grossistes. Maintenant, les gens veulent plus de fromages de brebis et de chèvre. Le lait de vache a moins la cote. Ils aiment aussi les fromages plus affinés. Je me bats pour les fromages au lait cru».


Les marchés dans la communauté de communes CA3B

Lundi : Marboz

Mardi : Montrevel -en-Bresse

Mercredi : Bourg en Bresse ; Meillonnas

Jeudi : Saint-Nizier-le-Bouchoux

Vendredi : Treffort Val Revermont ; Villereversure

Samedi : Bourg en Bresse ; Montrevel-en-Bresse ; Villemotier

Dimanche : Bourg-en-Bresse (quartier des Vennes) ; Foissiat ; Roissiat ; Saint Etienne-du-Bois ; Saint-Trivier-de-Courtes


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