L'Ainpact

Vin : sur quels critères les choisir ?


L’âge d’or du dégustateur despotique est révolu. Avec lui, c’était facile. Il suffisait d’ouvrir son dico et on avait aussitôt la note viticole pour chaque vin. Quand Robert Parker tire sa révérence, on assiste à un déferlement de la critique à travers les journaux, guides spécialisés, sites internet. Certes, maintenant il y a du choix…et aussi de l’embarras !

Un constat rassurant pour commencer : les bonnes vieilles "piquettes" sont de plus en plus rares. Le rouge qui tache de l’oncle Marcel adjugeant une bonne bouteille à son culot concave est enterré et avec lui, son unique critère de sélection. Paix à son âme car on se doutait un peu que l’oncle n’était pas sommelier. Alors, pour celles et ceux qui n’ont pas la chance d’avoir un œnologue dans la famille ou un authentique caviste à proximité, comment sélectionner un vin ? Dans ce domaine, deux catégories s’opposent : d’abord les chasseurs de prix. Eux ne regardent que le macaron apposé sur la bouteille. Foi du concours agricole qui a généreusement octroyé la médaille au prix d’une sélection draconienne. La preuve de la bonne tenue du vin est tamponnée sur ses flancs. À bien des égards, la médaille du vainqueur est rassurante et prouve au consommateur que des experts ont décerné le prix de la qualité. À défaut de pouvoir le goûter, on s’en remet donc au médaillé dont le potentiel a été approuvé par d’autres, estimés plus compétents, en la matière. Or, la surprise est de taille quand on apprend que l’oncle Marcel a lui-même prêté son palais lors d’un concours. Un peu plus de 4 000 médailles ont été attribuées cette année lors du concours général agricole des vins, qui se tient pendant le Salon de l'agriculture et plus d’un quart des vins ont reçu une médaille : soit 4025 sur 16 027. Si les concours sont une démarche efficace pour doper les ventes, c’est aussi un critère discutable. Au concours international de Lyon, « les vins sélectionnés par notre jury d'experts peuvent afficher leur récompense ». Les producteurs sont ensuite invités à passer commande de leurs médailles, contre rançon. Il ne faut donc pas s’attendre à trouver systématiquement les meilleurs vins parmi les médaillés.



« Mis en bouteille par le comte himself »



La deuxième catégorie est celle des « décrypteurs des étiquettes ». Cette étude approfondie prend du temps. Des termes bien choisis, tels que « châteaux » ou « domaines » flattent toujours le consommateur, mais ils ne renvoient parfois qu’à de simples fermes. De même, l’élevage en futs de chêne donne une indication de style, mais pas de qualité. Les vins bio concernent les raisins, et non la vinification. Quant aux vins « nature », on se demande comment il peut en être autrement. La vigne hors-sol n’étant pas très répandue ! Vient enfin sur cette fameuse étiquette, la catégorie. Elle est intéressante car elle classe les vins, qui va des vins de France (auparavant appelés « vin de table ») jusqu’à l’appellation d’origine contrôlée/protégée (AOC-AOP). Mais en France, on a souvent un souci avec la hiérarchie et là, patatras, tout s’écroule à nouveau quand on découvre des vins AOC médiocres et des vins de France, parfois appelés « vins d’auteur » de grande qualité. Malgré tout, en résumé, si on choisit une AOC renommée, associée au bon millésime, portant les inscriptions de « mise en bouteille » et « vieilli en fût de chêne » et enfin, quand on connaît le cépage et le taux de sucre, tous ces paramètres devraient nous conduire au Graal. Et la seule façon de le vérifier, c’est d’y goûter !



Quelques applications pour vous aider à choisir votre vin



• Vivino : Il suffit de scanner, avec son smartphone, l’étiquette d’un vin et l’application nous affiche toutes les caractéristiques et son histoire : cépages, appellation, arômes, notes de dégustation…



• Hachette Vins : Parcourez tous les vignobles du monde en un seul clic : régions, appellations, cépages, millésimes. Toutes les informations sont réunies dans l’application. Le moteur de recherche vous aidera à trouver ce que vous recherchez.



• Wine Secretary : Cette application permet un stockage de vos différents vins dégustés et dresse le contenu de votre cave. Elle vous permettra d’enregistrer vos vins favoris, vos découvertes, vos dernières dégustations…



Mets et Vins : Les accords parfaits



Même si ces lois ne sont pas immuables, il est des mariages qui tombent sous le sens, comme le poisson avec le vin blanc ou le gibier associé au vin rouge. Mais il ne faut pas croire que seul le Monbazillac, ou le Sauternes, se boit avec le foie gras ! Des blancs secs et puissants, de type Chablis, Sancerre, ou Châteauneuf-du-Pape font aussi un mariage réussi. Au cours du repas, l’idée est de monter en gamme, des vins les plus légers aux plus puissants et des plus jeunes aux plus vieux. Pour les novices, une autre règle, véritable aide mnémotechnique toute simple, consiste à procéder par association de couleur : les vins blancs sur des poissons, volailles et viandes à chair blanche et les vins rouges sur des poissons rouges, comme le thon et des volailles comme le canard et les viandes rouges. Bien entendu, cette association a des limites, voir quelques exceptions. Autres types d'accords à respecter : un vin léger sur un plat léger, un vin subtil sur un plat raffiné, enfin un vin puissant sur un plat au goût prononcé ou épicé.



Les alliances inattendues



Si l’alliance du vin et des mets fait le bonheur des plus fins gourmets et des plus grands épicuriens, elle permet également des associations inattendues. L’idée : ne pas hésiter à sortir des sentiers battus. Pour les fromages, par exemple, évitez les vins rouges et découvrez un camembert avec un cidre ou une eau de vie, un vin du jura sur un comté, un tavel rosé sur un chèvre ou bien encore un Muscat avec un roquefort. Votre verre de vin rouge est encore à moitié plein après le fromage ? Gardez-le pour le dessert au chocolat. Le chocolat et le vin rouge ont en effet un point commun essentiel, les tanins, qu’on retrouve dans les pépins et la peau du raisin noir, comme dans la fève de cacao. Plus le chocolat est riche en cacao, plus on optera pour un vin fort en tanins, comme un Côtes du Rhône (Cornas, Chateauneuf-du-Pape ou Vaqueyras), un Bandol, voire un Madiran, un vin rouge puissant et charpenté produit dans le Sud-Ouest de la France. Un régal avec une truffe achetée chez le chocolatier. Mousses, fondants, macarons… Au-delà du chocolat de dégustation, tous les desserts chocolatés se marient parfaitement avec le vin, à l’exception des glaces. Le lait qu’elles contiennent les rend extrêmement compliquées à associer. Mieux vaut se tourner vers du café ou de l’alcool fort, comme l’armagnac, qui ne seront pas neutralisés par le froid.


L’AOC Bugey

Elle fait partie de la région Savoie et Bugey et se répartit dans le département de l’Ain, entre la Savoie et le Jura.

Cette région totalise seulement quatre appellations : l’AOC Bugey Roussette de Montagnieu Blanc, l’AOC Bugey Rouge, l’AOC Montagnieu Rouge et l’AOC Bugey Blanc. Elles sont élaborées notamment à partir des cépages blancs chardonnay, altesse, molette et jacquière, et des cépages noirs gamay, pinot noir, poulsard et mondeuse.

L’AOC Bugey s’applique à des vins rouges, rosés et blancs, et des vins pétillants blancs et rosés. Et, l’AOC Roussette du Bugey s’applique à des vins blancs uniquement, qui sont élaborés avec le seul cépage altesse.


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